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mercredi 5 juin 2013

BOERSCH LA LEGION NOIRE ET 14eme DEMI BRIGADE LÉGÈRE - PETITS SOLDATS DE STRASBOURG

Légion noire et 14eme Demi Brigade Légère.  
Boersch.
Collection Musée de l'Image Populaire de Pfaffenhoffen (photo Annabelle Durupt)

Extrait du catalogue de vente de l'année 1970. "Formé en Bretagne par le Général Hoche, en avril 1796, en vue de l'expédition d'Irlande, cette Légion fut organisée sous le nom de "1er Légion des Francs". 
Lot n° 22 Musiciens et Tambour-Major de la 14eme Demi Brigade Légère 1799.
Photo - Annabelle Durupt / Conservation PNR Vosges du Nord / 
Musée de l’Image Populaire de Pfaffenhoffen.


Photo - Annabelle Durupt / Conservation PNR Vosges du Nord / 
Musée de l’Image Populaire de Pfaffenhoffen.
Photo - Annabelle Durupt / Conservation PNR Vosges du Nord / 
Musée de l’Image Populaire de Pfaffenhoffen.
Photo - Annabelle Durupt / Conservation PNR Vosges du Nord / 
Musée de l’Image Populaire de Pfaffenhoffen.
Photo - Annabelle Durupt / Conservation PNR Vosges du Nord / 
Musée de l’Image Populaire de Pfaffenhoffen.
Photo - Annabelle Durupt / Conservation PNR Vosges du Nord / 
Musée de l’Image Populaire de Pfaffenhoffen.
Photo - Annabelle Durupt / Conservation PNR Vosges du Nord / 
Musée de l’Image Populaire de Pfaffenhoffen.


Article de Didier Davin dans le Bivouac 1996

HISTOIRE DE LA LEGION NOIRE 1796-1799
La Légion Noire par Th.Carl.

C’est en 1796 que le général Hoche ,auréolé de la victoire de Quiberon et de la pacification de la Vendée est chargé d’ envisager une expédition pour l’ Irlande. Le 28 Décembre 1795, les forces de l’ Ouest de la France étaient réunies sous sa main en une Armée des Côtes de L’Océan. En prévision , un certain nombre d’ unités spéciales sont organisées, parmi elles ,une deviendra particulièrement célèbre : La première Légion des Francs ou Légion Noire. Elle donnera naissance à la 14e Demi brigade Légère.



LA NAISSANCE DE LA LEGION NOIRE Mai -Juin 1796


En Mai 1796, à l ’ Armée des Côtes de l’ Océan parut un ordre du jour du Général en chef, Hoche, demandant des officiers et des hommes de bonne volonté et robustes pour prendre part à une expédition lointaine où il y aurait de la gloire à moissonner. Chaque Demi brigade envoya à Rennes un petit contingent pour former la 1er Légion des Francs.( Note 1) Puis sommairement organisée,en Juin, on transporta cette troupe à Saint Malo pour l’ habiller. On avait, avec les uniformes de prise faite à Quiberon, retaillés et reteints de nouveaux habits de fond brun distingués de bleu céleste , donnant ainsi à cette légion son nouveau surnom :« la Légion Noire»

Les 1550 hommes furent réorganisés en trois bataillons d’ infanterie ( chacun à une compagnie de carabiniers et 9 de chasseurs), un escadron de cavalerie de 70 hommes mis sous les ordres du chef d’ escadron Corbineau, un futur général , et une batterie de 36 artilleurs. Le tout fut placé sous l’autorité du général Humbert et du chef de brigade Laplanche- Morthières .



Note 1 : ce n'était pas la première fois que la République formait une Légion, de nombreuses formations françaises ou étrangères au service français avaient eu cette dénomination. Le qualificatif de Légion des Francs n’ était pas non plus original : en 1793, une Légion des Francs avait été formée durant le siège de Mayence puis avait été envoyée en Vendée. Francs voulait simplement dire «libre:» en dehors des régiments réguliers.




L’EXPEDITION MANQUEE (Décembre 1796- Janvier 1797)


La Légion fut réunie à Brest où embarquerait le corps expéditionnaire pour
l’Irlande. Elle était affectée à la division d’avant Garde sous le général Lemoine.


La flotte qui devait porter l’expédition était composée de 17 vaisseaux, 14 frégates, 6 corvettes et 7 transports, répartie en trois escadres; Malheureusement la valeur des équipages ne suivait pas… Totalement désorganisée par la Révolution notre Marine avait le plus grand mal à se reconstituer. L’ amiral Villaret de Joyeuse initialement chargé du projet et foncièrement hostile à celui-ci fut remplacé par Morard de Galles.

La Légion embarqua sur Le Nestor, le Cassard et Les Droit de l’ Homme… L’escadre qui leva l’ancre le 15 Décembre 1796 , après avoir perdu une unité dès le départ,
(le Séduisant), fut dispersée par une tempête au large d’Ouessant. Elle arriva en ordre dispersé dans la baie de Bantry. Hoche ayant du rester en arrière sur la frégate «La Fraternité» avec Morard de Galles, séparée du reste de la flotte.
Grouchy à qui échouait le commandement en l’absence de Hoche malgré les adjurations d’Humbert et des Irlandais, et sur les conseils des marins, en raison des conditions météo, se refusa à débarquer. 
A l’annonce d’une nouvelle tempête, le contre amiral Bouvet fit faire demi tour et le 1er Janvier 1797 était de retour à Brest. Quelques unités furent perdues ou capturées.

 Sur le chemin du retour le vaisseau «les Droits de l’ Homme» commandé par le futur amiral Lacrosse se vit attaqué par deux frégates anglaises, en baie d‘ Audierne. 
Il combattit bravement rendant coup pour coup avec son équipage et 600 hommes de la Légion des Francs à son bord (dont le général Humbert, le chef d‘ escadron Corbineau, le capitaine Bigarré….); 
Mais au milieu d’une tempête, démâté et sans gouvernail, il s’ échoue sur des hauts fonds et se disloque progressivement sous les assauts des vagues. Les survivants du combat puis du naufrage devront attendre plusieurs jours dans des conditions épouvantables que l’on puisse venir les secourir. 

La Légion Noire eut des pertes inutiles au cours de cette expédition : environ 500 hommes disparus en vain.
Elle se renforça donc à Caen avec de nouveau volontaires; toujours sous le commandement de Laplanche Mortières, et rejoignit Hoche qui venait de prendre le commandement de l’Armée de Sambre et Meuse, semant sur son chemin des souvenirs de pillage… 




L’ARMEE DE SAMBRE ET MEUSE ET LA CAMPAGNE DU RHIN


De retour à Paris Hoche s’était donc vu confier l’Armée de Sambre et Meuse.

Une armée en piteux état, gangrenée par la corruption des fournisseurs.
Tout en rétablissant une administration saine, Hoche s’était fait suivre d’un certain nombre d’unités et d’officiers de l’ Armée d’Irlande parmi lesquels se trouvait la Légion Noire qui arrivait à Cologne,alors que Bonaparte marchait sur Vienne à partir de
l’Italie, Hoche franchissait le Rhin à Neuwied dans la nuit du 17 au 18 Avril 1797 après avoir débordé les Autrichiens en aval..
La Légion des Francs faisait partie de la division Watrin. Des assauts répétés sur les redoutes ennemis qui défendent la position forcent l’ennemi à se retirer poursuivis par la cavalerie française. Les Français talonnaient les Autrichiens sur le Main quand l’annonce de l’ Armistice de Léoben arrête les combats….


Suite à un décret de Décembre 1796, les droits civils avaient été rendus aux émigrés; ceux-ci rentrèrent en France. En mouvement parallèle le vote censitaire de 1795 réservait le droit de vote aux propriétaires. La combinaison des deux faisaient que mathématiquement les élections de 1797 furent gagnés par les Royalistes… Pichegru devenait président du Conseil des Cinq Cent et le ci devant marquis de Barthelemy devenait Directeur le 6 Juin 1797. Ce qui ne faisait pas les affaires de trois autres directeurs  «républicains» : Barras, La Revellière et Reubell. 

Un coup d’état s'imposait donc pour dénouer la situation. Les troupes de Hoche furent amenées à Paris le 17 Juillet sous le prétexte de rejoindre la Bretagne… La Légion Noire en faisait partie, ce qui lui permit de se quereller avec la Garde du Corps Législatif… 
Nous passerons sur les détails de ce coup d’Etat du 18 Fructidor (4 septembre 1797) qui en fait fut conclu par le général Augereau, envoyé d’Italie par Bonaparte. 

Le 19 Septembre 1797, mort de Hoche
. Départ pour l’Alsace de la Légion Noire où elle se fait remarquer par ses trafics divers… 
La Légion Noire devient la nouvelle 14e Demi brigade légère mais conserve son organisation et son uniforme. Nous allons voir le sort de sa cavalerie, quant à sa petite artillerie elle sera versée dans celle de l’Armée. 

Le 23 Septembre 1797, les Armées de Rhin et Moselle et de Sambre et Meuse sont réunies en une seule Armée d’Allemagne que le Directoire confie à Augereau en remerciement de son rôle dans le coup d’Etat du 18 Fructidor ;
 Celui-ci, à l’ imitation de son ancien chef Bonaparte, se constitue un régiment de Guides Hussards qu’il confie à son aide de camp Fournier(Sarlovese).
 La cavalerie de la Légion Noire en forme bientôt une des composantes.


En Décembre 1797, l’Armée d’Allemagne se redivise en corps d’Armée du Rhin (qui durera jusqu’ en Février 1798) et Armée de Mayence.





1798 : LA 14E DEMI BRIGADE LEGERE EN HELVETIE 



La grande affaire de cette année 1798 en Europe se passe en Suisse, qui est alors un conglomérat hétérogène de cantons et de «pays sujets» aux régimes politiques différents. 
La France a intérêt à y établir un glacis protecteur et à s’ y assurer des communications vers l’Italie maintenant que Bonaparte en a contrôlé le Nord. 
Aussi dès la fin 1797, la République y intervient : le général Bonamy envahit l’Erguel et occupe les vallées de Moutiers et de Saint Imier. 
Prenant prétexte de troubles sociaux dans le Pays de Vaud, alimentés en sous main par nos agents, les troupes françaises mises sous le commandement du général Brune interviennent.
 Cinq demi brigades se massent près de Thonon aux ordres du général Menard, tandis qu’ une division de l’ Armée du Rhin sous le général Schauenbourg ( avec la Légion Noire -14e Légère) se trouve près de l’ évêché de Bâle. Une armée de soldats affamés et dépenaillés qui vont se jeter sur le pays, s’ y comporter en pays conquis et non futur allié, et s’ y servir par la force de tout ce qui leur manque… La frontière est franchie le 27 Janvier 1798, pour protéger la République Lémanique proclamée par le Pays de Vaud, qui lève un corps de volontaires au coté des Français.
Menard occupe Lausanne le 29 Janvier.
Les cantons de Berne, Fribourg , Zurich, soutenus par ceux de Suisse Centrale ont mobilisé leurs milices soit 30.000 hommes et les ont placés sous le commandement du général d’ Erlach.
En attendant des renforts de chaque coté on temporise.
Les hostilités reprennent le 1er Mars, Schauenbourg culbute les avants postes suisses et se porte sur Soleure qui se rend à la première sommation. Pendant ce temps plus au Sud, Fribourg tombe après un assaut des troupes du général Brune. Les soldats de Rampon, prennent Morat et rendent les honneurs aux ossements des compagnons de Charles le Téméraire !
Les Suisse se regroupent pour défendre Berne. Schauenbourg marche sur la ville et se heurte aux Helvètes . Le 5 mars à Faubrunnen, les charges de la 14e Légère et 89e de Ligne et des 7e et 8e Hussards brisent une résistance héroïque qui se reforme trois fois . 
Le 6 mars à 2 heures de l’ après midi Schauenbourg fait son entrée dans Berne. Il y sera rejoint par le général Brune arrivé du Sud et qui a du combattre à Neuenegg contre des Bernois qui ont arraché une victoire sans intérêt pratique.

 Une république Helvétique une et indivisible est proclamée avec 23 cantons, tandis que Brune quitte le pays le 28 Mars . Les mauvaises langues diront avec les fruits d’ un pillage personnel bien conduit !
 Schauembourg reste alors chargé du commandement des troupes françaises.
La nouvelle constitution n’est pas acceptée par les cantons de la Suisse Centrale.
 Schauenbourg marche sur Zurich qu’il occupe après des combats à Mellingen, Zug et Lucerne en Mai 1798.
 C’est aussi le Valais qui se révolte à la même période et qui doit être soumis par la force. 
En Août et Septembre c’est au tour du Niedwald de s’insurger ; L’Armée française y envoie des régiments dont la 14e Légère. Les combats sont féroces et les soldats français se livrent au massacre de la ville de Stans. L’arrivée de Masséna à la tête de l’ Armée d’Helvétie correspond à une première offensive sur les Grisons dès le 6 mars.

 Six jours plus tard, un ultimatum est envoyé à l’Autriche et malgré leur faiblesse les troupes françaises passent à l’attaque les premières. Jourdan et Bernadotte franchissent le Rhin. Le choc a lieu à Stokach le 25 Mars : les Français doivent se replier. 
Les troupes de Masséna pendant ce temps ont avancé à partir des Grisons. Massena se voit confier aussi le commandement de l’Armée du Danube de Jourdan qui a reculé. 
En Italie, la situation n’ est guère brillante non plus. Les Russes viennent à marche forcée en renfort des Autrichiens.
 Risquant d’être pris entre les deux branches
d’une tenaille au Nord et au Sud de ses positions, il replie son dispositif autour de Zurich tandis que ses lieutenants livrent de très brillants combats de retardements.
A la première bataille de Zurich le 4 Juin 1799, la 14e légère est presque anéantie mais Masséna pu se replier derrière la Limath espérant des jours meilleurs.

Reconstituée à Huningue, la 14e Légère fut vêtue avec les uniformes de l’infanterie légère de la République… La Légion Noire avait définitivement vécu…

LES TENUES DE LA LEGION NOIRE


Nous avons vu que la Légion Noire fut habillée grâce à des uniformes pris à Quiberon et reteints.

 Sa première tenue ( entre 1796-1797) fut un habit court marron fermant sur le devant sans revers et le chapeau classique de l’ infanterie de la République qui avait été récupéré des anciens uniformes. Le tout avec les distinctives classiques des carabiniers et des chasseurs. 
(épaulettes, plumet, dragonne écarlate ou verte). 

Les boutons sont blancs et les distinctives de grade argent. La couleur bleu céleste se retrouve au parements carrés, à la doublure et aux retroussis des basques courtes, et au collet retombant. 
La buffleterie est blanche. La culotte bleu céleste rentre dans des demi guêtres noires. 
Les officiers portent alors un surtout à basques longues sans revers et des bottes à discrétion..

Des revers en pointe passepoilés bleu céleste vinrent ensuite agrémenter le tout, de même, que des «améliorations» furent apportées à l‘ uniforme. La date exacte de leur apparition reste discutée. L’inspiration est très nettement suisse ou alsacienne (cfr les pontonniers de Strasbourg). 
Le collet devient droit et s‘orne d‘un bouton latéral, et les parements sont en pointe. Le chapeau se porte à présent avec un bord relevé sur le coté agrémenté d’un plumet retombant et de floches écarlates pour les carabiniers. Le gilet devient écarlate à deux rangs de boutons blancs.
La culotte reste bleu céleste mais un pantalon de route blanc peut aussi être porté. 

En Suisse il semble d’après les documents helvétiques que l’on s’inspira aussi des tenues de milices bernoises, vraisemblablement par «récupération». Ce qui fait que l’on se retrouve avec des variantes dans les formes des parements et des poches ou du nombre de boutons.

 La collection Carl nous donne la tenue des tambours de carabiniers et des musiciens avec les revers entièrement bleu céleste, un galonnage blanc ou argent et une buffleterie noire. Le plumet est tricolore.

dimanche 7 octobre 2012

EXPOSITION "SONNEZ TROMPETTES" VISITE GUIDÉE

En ce moment au Musée de l'image populaire de Pfaffenhoffen.  

« Souvenir d’enfance délicieux et captivant que celui de la foire de Noël strasbourgeoise, place Broglie, avant 1914 ! Certaines boutiques présentaient aux acheteurs de longues boîtes, couleur moutarde, contenant pour la joie de nos yeux des grenadiers, des fusiliers, des fantassins français au légendaire pantalon garance-les pointes des baïonnettes formaient un alignement impeccable… Souvenir précis encore de l’odeur des cartons, de la convoitise de gamin, écarquillant les yeux devant tant de splendeur rassemblée, ces cavaliers, sabre au clair, ces cuirassiers, ces hussards empoignant par leurs vives couleurs la fantaisie enfantine qui les voyait déjà alignés «en parade» sur la table sous l’arbre de Noël, le sapin alsacien de vieille tradition étincelant de lumière.»

Paul Martin.

GENÈSE DU PROJET

C’est au hasard d’une rencontre, lors d’un marché aux puces de la région, que j’ai découvert, chez un brocanteur, le fruit du travail passionné d’un monsieur inconnu et décédé, peintre de petits soldats de Strasbourg.

Louis Klauth (1919-2007)

Une collection complète de soldats montés sur socle, peints avec minutie et détail, rangés comme à la parade, dans de grandes caisses en carton de fruits et légumes, attendant sagement et silencieusement le signal du défilé.

Plus incroyable encore, le dossier d’étude que j’avais entre les mains, avec calques et notes manuscrites, qui me donnait jour après jour le temps passé par ce monsieur à peindre consciencieusement ses petits soldats.     

Je ne pouvais me résoudre à laisser partir aux quatre coins du monde cette partie de vie qui finissait ici. J’ai donc tout acheté.

C’est à ce moment que l’idée m’est venue de faire des recherches. Grâce au dossier de Louis Klauth, j’ai recoupé les informations, téléphoné et essayé de trouver ou de rencontrer des personnes qui avaient fait partie de la dernière «fournée» de soldaademohler.

Jacques Sauter, entre autre, était de ceux là. Nous avons longuement discuté, une après-midi entière, à découvrir sa production et sa collection de pièces plus anciennes, parlant de Klauth et d’autres peintres. Des sources iconographiques que nous avions en commun. A l’issu de cette entrevue, il était évident que je devais par un moyen ou par un autre, formuler une réponse à cet intérêt grandissant.

La chance a voulu que je fasse connaissance d’autres collectionneurs et que ces différents contacts, alimentent jour après jour, nos discussions, nos partages des sources et qu’ émerge il y a maintenant un an l’idée de mettre en ligne un blog sur le sujet.

http://petitssoldatsdestrasbourg.blogspot.com/


LE CONSTAT

Il faut bien comprendre, pour donner du sens à ce projet, ce que le Petit Soldat de Strasbourg, représente aux yeux du passionné d’histoire militaire et d’uniformologie.

Une source d’informations et d’inspiration.

Oeuvre témoin du temps, d’une époque où Strasbourg, ville de garnison, était au centre de l’histoire des peuples d’Europe.


« Notre vieux Strasbourg, ville de garnisonpar excellence, vit passer dans ses murs toutes les unités militaires qui traversaient le Rhin pour aller se battre en Allemagne. Les armées de la Révolution et du Consulatfurent suivies par celles de l’Empire. Et c’est à ce moment là que commence la grande époque du Petit Soldat strasbourgeois, avec l’épopée de la Grande Armée, reconstituée en miniature par les graveurs, dessinateurs, peintres et imprimeurs de
Strasbourg.»

Paul Martin.


Il donne de part sa représentation, des données importantes, telle une peinture ou une illustration, sur des événements, coutumes, et spécificités d’une époque.

« Les pavés des rues résonnent du son des tambours, des fifres et des musiques militaires. Magnifiques et fiers, les sapeurs barbus précèdent les têtes de colonne aux tenues chamarrées, suivies par des files interminables de grenadiers, fusiliers et chasseurs.Le bruit de sabots et le hennissement des chevaux, le tonnerre des roues des caissons et pièces d’artillerie donnent à la vie une animation et une intensité incroyable. (...) Nos peintres sont à l’affût et c’est à qui
notera le plus de «types» pour en faire plus tard la magnifique armée, se chiffrant par milliers d’hommes dont l’enluminure aux tons vifs et l’alignement fera la joie des petits et des grands.»

Paul Martin.

Tout passionné d’histoire militaire, de la région Alsace, de Strasbourg, du premier ou second empire, a déjà entendu parlé, ou lu, des articles sur les petits soldats de Strasbourg.
C’est un sujet qui passionne, le féru d’uniformologie. La collection WÜRTZ-PÉES du musée de l’armée offre la possibilité aux passionnés d’avoir un petit aperçu sur le sujet.

Avec, entre autre, une belle exposition «Rêve d’enfance en 2002».

On retrouve certaines pièces de cette
collection en photo dans des revues actuelles traitant d’histoire militaire ou sur le site du musée et de l’agence photographique.

Mais le petit soldat de Strasbourg est bien plus que cela.

C’est aussi une œuvre d’art, liée à l’imagerie populaire, avec ses artistes, sa facture, tantôt naïve, tantôt expérimentée. Ses écoles et ses professeurs. Ses maîtres et ses élèves. En soit le Petit Soldat peut être bien peint ou mal peint, il peut être aussi juste ou erroné, il peut être la représentation de la réalité ou simplement la représentation d’un imaginaire. Et c’est en cela qu’il interroge et séduit, différemment selon le regard qui est porté sur lui.

« Je collectionne mais je n’amasse pas. J’ai de belles pièces. Les petits soldats me passionnent parce que c’est beau, voilà tout.»

Jean Willer  - Collectionneur. (extrait de Saisons d’Alsace n°122, revue trimestrielle hiver 1993/1994 «Rêves de jouets» par Ambre Atlan)

Il est enfin un jouet. Un jouet qui donne au petit garçon, la base de son éducation d’homme. Un jouet militaire qui, à différentes époques, a joué son rôle fédérateur et formateur, son rôle de lien d’une nation.

« Au XIXe et XXe siècle, la prépondérance du soldat jouet va de pair avec la diffusion de l’image de papier, ou , plus précisément, avec sa démocratisation dans le sillage de la révolution industrielle. Province frontière où l’on cultive les champs d’honneur, l’Alsace occupe une place exceptionnelle dans la production et la consommation de figurines militaires. Les fabuleuses collections de
soldats «de Strasbourg», peints à la main ou imprimés, qui se trouvent au Musée historique de Strasbourg, à Colmar, à Pfaffenhoffen et ailleurs, en témoignent excellemment(...).»

Georges Bischoff  - Collectionneur. (extrait de Saisons d’Alsace n°122, revue trimestrielle hiver 1993/1994 «Rêves de jouets»)

L’IDÉE

Ma volonté dans ce projet d’exposition est de pouvoir mettre en relation dans un même lieu, des sources diverses, issues de fonds institutionnels et de collections privées.

Il y a des collections et des collectionneurs.
De mettre en relation, articles, notes et dossiers de recherches, d’études, et pièces peintes qui pourraient donner aux visiteurs, une bonne vision de ce phénomène régional.

De pouvoir donner, par la même occasion, la possibilité de partager, et peut être de découvrir de nouvelles choses sur le sujet. Pièces, informations etc…

LE LIEU

De part son historique et ses thématiques, le Musée de l’Imagerie Populaire de PFAFFENHOFFEN, apporte à ce projet, une certaine légitimité. Souvent sujet présenté et étudié, dans diverses parutions, grâce à Monsieur F.Lotz, les fonds demandent à être présentés, peut être même étudiés ou répertoriés. Enfin un lien de collection existe aussi, carune petite partie de la collection L.Klauthà été acquise par le Musée, cette exposition permettra sans aucun doute, de présenter l’oeuvre complète de ce dernier Soldaademohler.

NOTES D’AIDE À LA COMPRÉHENSION DE L’EXPOSITION

Chevalier Pierre François ISNARD.

Né a Strasbourg, en 1727, mort en 1807.Militaire dès 1747, il est aussi homme politique, poète, écrivain et artiste graveur. Ilpublia des recueils d’uniformes militaires, et il fait graver des planches en noir et blanc,coloriées à la main. On s’acccorde a dire que ISNARD, est le précurseur des Petits Soldats de Strasbourg.


Jean Frédéric STRIEDBECK.

Graveur, né en 1747. Il est l’auteur d’un recueil, conservé à la Bibliothèque Nationale, et Universitaire de Strasbourg : «Accurate Vorstellung von allen Königlichen Truppen von Frankreich». Ce recueil, devait servir  à établir un véritable catalogue des troupes de l’époque, 1780-1791, en permettant lors de la mise en couleurs, de differencier les couleurs distinctives des différents régiments.

BARTHEL.

Editeur, imprimeur sous le premier Empire, il réalise une série de planches sur la vie militaire de l’époque, véritables petites scenettes de la vie quotienne du soldat.

NICKER.

Editeur, imprimeur a publié un certain nombre de feuilles concernant son époque, et le premier Empire.

Jules Antoine MAILLOT

Jules Antoine Maillot né dans la capitale
alsacienne en 1837 s’éteindra à Paris en 1893. Passionné par les soldats du premier Empire il en offrira une version-quoique un peu tardive- dans la pure tradition strasbourgeoise. Bien qu’il fut très intime avec le grand figuriniste Théodore Carl (1837-1804) dont les collections figurent au musée de Strasbourg. Maillot s’inspire du style de Boerch et de Wurtz. Après son décès son frère cadet Xavier continuera l’oeuvre familiale en interprétant quant à lui les armées du règne de Louis Philippe et de la IIIème République.

Henri GANIER TANCONVILLE.

Henry Ganier connu sous le pseudonyme de Tanconville (né en 1845 à Lunéville, mort en 1936 à Baume-les-Dames) est un magistrat et peintre français. Pendant la Guerre franco-allemande, il s’engage comme lieutenant au deuxième bataillon des Mobiles du Haut-Rhin. Après la défaite sa famille s’installe à Tanconville, à la nouvelle frontière de 1870 dont il utilisera le nom comme pseudonyme. Il est surtout connu pour ses dessins et illustrations d’uniformes des Gardes impériales du Premier et du Second Empire et par son livre «Les Alsaciens dans la Garde Impériale». Il réalise lui aussi des ensembles de Petits Soldats de Strasbourg, qu’il dessine sur la base de ses recherches uniformologiques. Le Musée Historique de Strasbourg conserve un bel ensemble sur le 8ème Régiment de Léger à Strasbourg en 1832.

Théodor CARL.

Gustave-Frédéric-Théodor Carl est né en 1837 à Strasbourg, meurt en 1904. Il dessine lui même ses figurines puis les fait multiplier par un imprimeur. Sa collection actuellement au Musée Historique de Strasbourg reste un ensemble de grande qualité sur les troupes du premier Empire.

Jules SCHNEIDER.

Né en 1871 à Strasbourg, mort en 1962. Comptable aux Grands Moulins de Strasbourg. Il est l’élève de Henri Ganier Tanconville, et est d’abord un peintre de Petits Soldats de Strasbourg. Pour cela il fait imprimer des modèles après les avoirs dessinés. Son oeuvre se caracterise par une grande précision et de la recherche du détail. Il peignit environ
3 000 petits soldats.

Georges KLAENSCHI.

Né à Scharachbergheim en 1882, mort en 1949. Suite à son passage aux Arts Décoratifs de Strasbourg, il  intégre comme peintre des décors, l’atelier du théatre municipal. Aidé par Henri Ganier Tanconville, qu’il appréciait beaucoup, il réalise de nombreux ensembles que l’on peut retrouver au Musée Historique de Strasbourg. Il peignit et dessina aussi pour quelques collectionneurs de l’époque, comme René Speich. Il réalisa à la fn de sa vie une série de planches pour l’imprimeur Müh-le-Roux, 7 planches au total, imprimées en offset, sur base des dessins de Klaenschi. Initialement il était prévu de réaliser 44 planches, de cette édition, malheureusement la mort de l’artiste mit un terme à ce projet.

BOERSCH.

Farinier de son état, né en 1782, mort en 1824. Vie a Strasbourg, neveu du peintre Benjamin Zix. Profitant du passage des troupes dans la capitale alsacienne, il notait et croquait dès 1805, tout ce qui touchait aux uniformes militaires. Il réalisa un de plus bel ensemble de plus de 4500 figurines. Vendue aux enchères en 1971, sa collection a fait le sujet d’un catalogue de vente présentant l’ensemble des lots réalisés. Sa collection à sans doute été terminé sous la Restauration par son fils.

F.J.SCHMIDT.

Brasseur et aubergiste à Strasbourg, né en 1796, il y décéda en 1871. Entre 1815 et 1860, il réalisa un ensemble de 4300 figurines, sur les troupes du premier Empire. Son armée quitta Strasbourg en 1870. Elle fût mise en vente en 1972, ici aussi un catalogue de la vente a été réalisé qui donne l’ensemble des lots peints.

Paul SCHMID.

Commerçant à Strasbourg. Né en 1838, il meurt en 1930, après avoir participé étroitement à une grande exposition en 1903 place du Chateau. Paul Schmid, réalise le «Triomphe du Pointeur» en 1848.

WURTZ-PÉES.

La collection Wurtz-Pées, réalisée par une famille strasbourgeoise entre 1825 et 1850, est constituée de 16000 figurines de carte. L’ensemble, qui illustre des troupes napoléoniennes et alliées, forme une parade militaire que l’Empereur s’apprête à passer en revue. La collection est entièrement déposée au Musée de l’Armée à Paris.

Jean Georges PFLÜGER.

Libraire éditeur.

Henri Adolphe Gustave SILBERMANN.

Imprimeur né en 1801, mort en 1876. Il dirige jusqu’à son exil à Paris après 1870, une des plus importantes maisons d’édition et d’imprimerie du XIXème siècle à Strasbourg. Il met au point un nouveau procédé d’impression «en couleurs à l’huile» qui lui vaut de nombreux prix. Il réalise 29 planches, en deux
séries.

G. FISCHBACH.

Il prend la suite de l’imprimerie Silbermann, après son exil à Paris. Il publie une suite de 10 planches sur l’armée française d’après 1872, dessinées pas Alfred Touchemolin.

Edouard KRATZ.

Né a Strasbourg en 1803, il y décéda en 1885. Maire de Strasbourg de 1848 à 1851, il peignit 24 000 Petits Soldats de Strasbourg, principalement, sur le premier Empire.

REMERCIEMENTS

Je souhaite remercier, Madame Schutz et l’ensemble des personnes du Musée de Pfaffenhoffen, Madame Zurcher, Madame  Durupt et la ville de Pfaffenhoffen, pour l’opportunité qui m’a été donné de pouvoir mettre en place cette exposition. De même l’ensemble des participants qui m’ont fait confiance et qui m’ont apporté leurs aides,  ou leurs conseils avisés et leurs collections personnelles.
Je remercie, certains partenaires qui m’ont permis de profiter de leurs savoirs faire, pour aménager le lieu.

Enfin je souhaite rendre hommage à Louis Klauth, qui m’a donné, au hasard de mes découvertes, la possibilité de reconstituer une vie de soldaademohler.

Quelques photos de l'exposition par Alfred Umhey.
Collection du Musée de l'Imagerie Populaire de Pfaffenhoffen.
Collections particulières.