dimanche 7 octobre 2012

EXPOSITION "SONNEZ TROMPETTES" VISITE GUIDÉE

En ce moment au Musée de l'image populaire de Pfaffenhoffen.  

« Souvenir d’enfance délicieux et captivant que celui de la foire de Noël strasbourgeoise, place Broglie, avant 1914 ! Certaines boutiques présentaient aux acheteurs de longues boîtes, couleur moutarde, contenant pour la joie de nos yeux des grenadiers, des fusiliers, des fantassins français au légendaire pantalon garance-les pointes des baïonnettes formaient un alignement impeccable… Souvenir précis encore de l’odeur des cartons, de la convoitise de gamin, écarquillant les yeux devant tant de splendeur rassemblée, ces cavaliers, sabre au clair, ces cuirassiers, ces hussards empoignant par leurs vives couleurs la fantaisie enfantine qui les voyait déjà alignés «en parade» sur la table sous l’arbre de Noël, le sapin alsacien de vieille tradition étincelant de lumière.»

Paul Martin.

GENÈSE DU PROJET

C’est au hasard d’une rencontre, lors d’un marché aux puces de la région, que j’ai découvert, chez un brocanteur, le fruit du travail passionné d’un monsieur inconnu et décédé, peintre de petits soldats de Strasbourg.

Louis Klauth (1919-2007)

Une collection complète de soldats montés sur socle, peints avec minutie et détail, rangés comme à la parade, dans de grandes caisses en carton de fruits et légumes, attendant sagement et silencieusement le signal du défilé.

Plus incroyable encore, le dossier d’étude que j’avais entre les mains, avec calques et notes manuscrites, qui me donnait jour après jour le temps passé par ce monsieur à peindre consciencieusement ses petits soldats.     

Je ne pouvais me résoudre à laisser partir aux quatre coins du monde cette partie de vie qui finissait ici. J’ai donc tout acheté.

C’est à ce moment que l’idée m’est venue de faire des recherches. Grâce au dossier de Louis Klauth, j’ai recoupé les informations, téléphoné et essayé de trouver ou de rencontrer des personnes qui avaient fait partie de la dernière «fournée» de soldaademohler.

Jacques Sauter, entre autre, était de ceux là. Nous avons longuement discuté, une après-midi entière, à découvrir sa production et sa collection de pièces plus anciennes, parlant de Klauth et d’autres peintres. Des sources iconographiques que nous avions en commun. A l’issu de cette entrevue, il était évident que je devais par un moyen ou par un autre, formuler une réponse à cet intérêt grandissant.

La chance a voulu que je fasse connaissance d’autres collectionneurs et que ces différents contacts, alimentent jour après jour, nos discussions, nos partages des sources et qu’ émerge il y a maintenant un an l’idée de mettre en ligne un blog sur le sujet.

http://petitssoldatsdestrasbourg.blogspot.com/


LE CONSTAT

Il faut bien comprendre, pour donner du sens à ce projet, ce que le Petit Soldat de Strasbourg, représente aux yeux du passionné d’histoire militaire et d’uniformologie.

Une source d’informations et d’inspiration.

Oeuvre témoin du temps, d’une époque où Strasbourg, ville de garnison, était au centre de l’histoire des peuples d’Europe.


« Notre vieux Strasbourg, ville de garnisonpar excellence, vit passer dans ses murs toutes les unités militaires qui traversaient le Rhin pour aller se battre en Allemagne. Les armées de la Révolution et du Consulatfurent suivies par celles de l’Empire. Et c’est à ce moment là que commence la grande époque du Petit Soldat strasbourgeois, avec l’épopée de la Grande Armée, reconstituée en miniature par les graveurs, dessinateurs, peintres et imprimeurs de
Strasbourg.»

Paul Martin.


Il donne de part sa représentation, des données importantes, telle une peinture ou une illustration, sur des événements, coutumes, et spécificités d’une époque.

« Les pavés des rues résonnent du son des tambours, des fifres et des musiques militaires. Magnifiques et fiers, les sapeurs barbus précèdent les têtes de colonne aux tenues chamarrées, suivies par des files interminables de grenadiers, fusiliers et chasseurs.Le bruit de sabots et le hennissement des chevaux, le tonnerre des roues des caissons et pièces d’artillerie donnent à la vie une animation et une intensité incroyable. (...) Nos peintres sont à l’affût et c’est à qui
notera le plus de «types» pour en faire plus tard la magnifique armée, se chiffrant par milliers d’hommes dont l’enluminure aux tons vifs et l’alignement fera la joie des petits et des grands.»

Paul Martin.

Tout passionné d’histoire militaire, de la région Alsace, de Strasbourg, du premier ou second empire, a déjà entendu parlé, ou lu, des articles sur les petits soldats de Strasbourg.
C’est un sujet qui passionne, le féru d’uniformologie. La collection WÜRTZ-PÉES du musée de l’armée offre la possibilité aux passionnés d’avoir un petit aperçu sur le sujet.

Avec, entre autre, une belle exposition «Rêve d’enfance en 2002».

On retrouve certaines pièces de cette
collection en photo dans des revues actuelles traitant d’histoire militaire ou sur le site du musée et de l’agence photographique.

Mais le petit soldat de Strasbourg est bien plus que cela.

C’est aussi une œuvre d’art, liée à l’imagerie populaire, avec ses artistes, sa facture, tantôt naïve, tantôt expérimentée. Ses écoles et ses professeurs. Ses maîtres et ses élèves. En soit le Petit Soldat peut être bien peint ou mal peint, il peut être aussi juste ou erroné, il peut être la représentation de la réalité ou simplement la représentation d’un imaginaire. Et c’est en cela qu’il interroge et séduit, différemment selon le regard qui est porté sur lui.

« Je collectionne mais je n’amasse pas. J’ai de belles pièces. Les petits soldats me passionnent parce que c’est beau, voilà tout.»

Jean Willer  - Collectionneur. (extrait de Saisons d’Alsace n°122, revue trimestrielle hiver 1993/1994 «Rêves de jouets» par Ambre Atlan)

Il est enfin un jouet. Un jouet qui donne au petit garçon, la base de son éducation d’homme. Un jouet militaire qui, à différentes époques, a joué son rôle fédérateur et formateur, son rôle de lien d’une nation.

« Au XIXe et XXe siècle, la prépondérance du soldat jouet va de pair avec la diffusion de l’image de papier, ou , plus précisément, avec sa démocratisation dans le sillage de la révolution industrielle. Province frontière où l’on cultive les champs d’honneur, l’Alsace occupe une place exceptionnelle dans la production et la consommation de figurines militaires. Les fabuleuses collections de
soldats «de Strasbourg», peints à la main ou imprimés, qui se trouvent au Musée historique de Strasbourg, à Colmar, à Pfaffenhoffen et ailleurs, en témoignent excellemment(...).»

Georges Bischoff  - Collectionneur. (extrait de Saisons d’Alsace n°122, revue trimestrielle hiver 1993/1994 «Rêves de jouets»)

L’IDÉE

Ma volonté dans ce projet d’exposition est de pouvoir mettre en relation dans un même lieu, des sources diverses, issues de fonds institutionnels et de collections privées.

Il y a des collections et des collectionneurs.
De mettre en relation, articles, notes et dossiers de recherches, d’études, et pièces peintes qui pourraient donner aux visiteurs, une bonne vision de ce phénomène régional.

De pouvoir donner, par la même occasion, la possibilité de partager, et peut être de découvrir de nouvelles choses sur le sujet. Pièces, informations etc…

LE LIEU

De part son historique et ses thématiques, le Musée de l’Imagerie Populaire de PFAFFENHOFFEN, apporte à ce projet, une certaine légitimité. Souvent sujet présenté et étudié, dans diverses parutions, grâce à Monsieur F.Lotz, les fonds demandent à être présentés, peut être même étudiés ou répertoriés. Enfin un lien de collection existe aussi, carune petite partie de la collection L.Klauthà été acquise par le Musée, cette exposition permettra sans aucun doute, de présenter l’oeuvre complète de ce dernier Soldaademohler.

NOTES D’AIDE À LA COMPRÉHENSION DE L’EXPOSITION

Chevalier Pierre François ISNARD.

Né a Strasbourg, en 1727, mort en 1807.Militaire dès 1747, il est aussi homme politique, poète, écrivain et artiste graveur. Ilpublia des recueils d’uniformes militaires, et il fait graver des planches en noir et blanc,coloriées à la main. On s’acccorde a dire que ISNARD, est le précurseur des Petits Soldats de Strasbourg.


Jean Frédéric STRIEDBECK.

Graveur, né en 1747. Il est l’auteur d’un recueil, conservé à la Bibliothèque Nationale, et Universitaire de Strasbourg : «Accurate Vorstellung von allen Königlichen Truppen von Frankreich». Ce recueil, devait servir  à établir un véritable catalogue des troupes de l’époque, 1780-1791, en permettant lors de la mise en couleurs, de differencier les couleurs distinctives des différents régiments.

BARTHEL.

Editeur, imprimeur sous le premier Empire, il réalise une série de planches sur la vie militaire de l’époque, véritables petites scenettes de la vie quotienne du soldat.

NICKER.

Editeur, imprimeur a publié un certain nombre de feuilles concernant son époque, et le premier Empire.

Jules Antoine MAILLOT

Jules Antoine Maillot né dans la capitale
alsacienne en 1837 s’éteindra à Paris en 1893. Passionné par les soldats du premier Empire il en offrira une version-quoique un peu tardive- dans la pure tradition strasbourgeoise. Bien qu’il fut très intime avec le grand figuriniste Théodore Carl (1837-1804) dont les collections figurent au musée de Strasbourg. Maillot s’inspire du style de Boerch et de Wurtz. Après son décès son frère cadet Xavier continuera l’oeuvre familiale en interprétant quant à lui les armées du règne de Louis Philippe et de la IIIème République.

Henri GANIER TANCONVILLE.

Henry Ganier connu sous le pseudonyme de Tanconville (né en 1845 à Lunéville, mort en 1936 à Baume-les-Dames) est un magistrat et peintre français. Pendant la Guerre franco-allemande, il s’engage comme lieutenant au deuxième bataillon des Mobiles du Haut-Rhin. Après la défaite sa famille s’installe à Tanconville, à la nouvelle frontière de 1870 dont il utilisera le nom comme pseudonyme. Il est surtout connu pour ses dessins et illustrations d’uniformes des Gardes impériales du Premier et du Second Empire et par son livre «Les Alsaciens dans la Garde Impériale». Il réalise lui aussi des ensembles de Petits Soldats de Strasbourg, qu’il dessine sur la base de ses recherches uniformologiques. Le Musée Historique de Strasbourg conserve un bel ensemble sur le 8ème Régiment de Léger à Strasbourg en 1832.

Théodor CARL.

Gustave-Frédéric-Théodor Carl est né en 1837 à Strasbourg, meurt en 1904. Il dessine lui même ses figurines puis les fait multiplier par un imprimeur. Sa collection actuellement au Musée Historique de Strasbourg reste un ensemble de grande qualité sur les troupes du premier Empire.

Jules SCHNEIDER.

Né en 1871 à Strasbourg, mort en 1962. Comptable aux Grands Moulins de Strasbourg. Il est l’élève de Henri Ganier Tanconville, et est d’abord un peintre de Petits Soldats de Strasbourg. Pour cela il fait imprimer des modèles après les avoirs dessinés. Son oeuvre se caracterise par une grande précision et de la recherche du détail. Il peignit environ
3 000 petits soldats.

Georges KLAENSCHI.

Né à Scharachbergheim en 1882, mort en 1949. Suite à son passage aux Arts Décoratifs de Strasbourg, il  intégre comme peintre des décors, l’atelier du théatre municipal. Aidé par Henri Ganier Tanconville, qu’il appréciait beaucoup, il réalise de nombreux ensembles que l’on peut retrouver au Musée Historique de Strasbourg. Il peignit et dessina aussi pour quelques collectionneurs de l’époque, comme René Speich. Il réalisa à la fn de sa vie une série de planches pour l’imprimeur Müh-le-Roux, 7 planches au total, imprimées en offset, sur base des dessins de Klaenschi. Initialement il était prévu de réaliser 44 planches, de cette édition, malheureusement la mort de l’artiste mit un terme à ce projet.

BOERSCH.

Farinier de son état, né en 1782, mort en 1824. Vie a Strasbourg, neveu du peintre Benjamin Zix. Profitant du passage des troupes dans la capitale alsacienne, il notait et croquait dès 1805, tout ce qui touchait aux uniformes militaires. Il réalisa un de plus bel ensemble de plus de 4500 figurines. Vendue aux enchères en 1971, sa collection a fait le sujet d’un catalogue de vente présentant l’ensemble des lots réalisés. Sa collection à sans doute été terminé sous la Restauration par son fils.

F.J.SCHMIDT.

Brasseur et aubergiste à Strasbourg, né en 1796, il y décéda en 1871. Entre 1815 et 1860, il réalisa un ensemble de 4300 figurines, sur les troupes du premier Empire. Son armée quitta Strasbourg en 1870. Elle fût mise en vente en 1972, ici aussi un catalogue de la vente a été réalisé qui donne l’ensemble des lots peints.

Paul SCHMID.

Commerçant à Strasbourg. Né en 1838, il meurt en 1930, après avoir participé étroitement à une grande exposition en 1903 place du Chateau. Paul Schmid, réalise le «Triomphe du Pointeur» en 1848.

WURTZ-PÉES.

La collection Wurtz-Pées, réalisée par une famille strasbourgeoise entre 1825 et 1850, est constituée de 16000 figurines de carte. L’ensemble, qui illustre des troupes napoléoniennes et alliées, forme une parade militaire que l’Empereur s’apprête à passer en revue. La collection est entièrement déposée au Musée de l’Armée à Paris.

Jean Georges PFLÜGER.

Libraire éditeur.

Henri Adolphe Gustave SILBERMANN.

Imprimeur né en 1801, mort en 1876. Il dirige jusqu’à son exil à Paris après 1870, une des plus importantes maisons d’édition et d’imprimerie du XIXème siècle à Strasbourg. Il met au point un nouveau procédé d’impression «en couleurs à l’huile» qui lui vaut de nombreux prix. Il réalise 29 planches, en deux
séries.

G. FISCHBACH.

Il prend la suite de l’imprimerie Silbermann, après son exil à Paris. Il publie une suite de 10 planches sur l’armée française d’après 1872, dessinées pas Alfred Touchemolin.

Edouard KRATZ.

Né a Strasbourg en 1803, il y décéda en 1885. Maire de Strasbourg de 1848 à 1851, il peignit 24 000 Petits Soldats de Strasbourg, principalement, sur le premier Empire.

REMERCIEMENTS

Je souhaite remercier, Madame Schutz et l’ensemble des personnes du Musée de Pfaffenhoffen, Madame Zurcher, Madame  Durupt et la ville de Pfaffenhoffen, pour l’opportunité qui m’a été donné de pouvoir mettre en place cette exposition. De même l’ensemble des participants qui m’ont fait confiance et qui m’ont apporté leurs aides,  ou leurs conseils avisés et leurs collections personnelles.
Je remercie, certains partenaires qui m’ont permis de profiter de leurs savoirs faire, pour aménager le lieu.

Enfin je souhaite rendre hommage à Louis Klauth, qui m’a donné, au hasard de mes découvertes, la possibilité de reconstituer une vie de soldaademohler.

Quelques photos de l'exposition par Alfred Umhey.
Collection du Musée de l'Imagerie Populaire de Pfaffenhoffen.
Collections particulières.
















































































































  

1 commentaire:

David a dit…

Another wonderful collection of pictures! Thank you again.

I'm hoping to creat some of my own paper soldiers in the Strasbourg tradition and these images give me a lot of material for inspiration.

Regards,

David.